Mémoires de Vichy #0

Signature de l’Armistice dans le Wagon de l’Armistice en forêt de Compiègne, le 22 juin 1940 (©Bundesarchiv, Bild 146-1982-089-18 / CC-BY-SA 3.0)

Henry Rousso, dans Le syndrome de Vichy écrit : « Débutant à la fin des années 1970 une recherche sur l’histoire du régime de Vichy, et bien que sachant à l’évidence le sujet encore brûlant, je pensais la distance suffisante pour jouer du scalpel en toute innocence. Mais le cadavre était encore chaud : l’heure n’était pas au médecin légiste tout court, voire au psychanalyste ». Le 10 juin 1940, les pleins pouvoirs sont votés en faveur de Pétain. Dès lors, la « République Française » disparaît de tous les actes. Un nouveau régime est mis en place : l’État Français. Après avoir demandé les conditions de l’armistice le 17 juin, le maréchal le signe le 22 juin à Rethondes dans le wagon de Foch. Ce nouveau régime s’installe à Vichy, dans le sud, zone libre d’occupation jusqu’au 11 novembre 1942. Les fonctionnaires sont nommés par Vichy et la législation soumise à l’approbation des Allemands occupant le nord du pays. Jusqu’en 1944, ce régime va collaborer avec l’occupant nazi notamment sur leur politique antisémite. De ce fait, ce passé « ne passe pas ». La France veut oublier les actes commis par Pétain et ses hommes.

Les mémoires sont la présence du passé, mais aussi une appropriation sélective du passé. Elles génèrent donc l’oubli. Les mémoires de Vichy sont diverses. Individuelles, elles s’enracinent dans le vécu et le sensible de chaque individu. Collectives, elles sont les mémoires de familles ou de groupes générateurs d’identité. Enfin, elles sont nationales et s’appuient sur une expérience commune, le régime de Vichy et l’occupation. Henri Rousso démontre dans son livre Le syndrome de Vichy l’amnésie dont ont fait preuve les mémoires de Vichy puis l’obsession de la communauté civile pour Vichy dans le second XXe siècle.

Quels sont les manifestation des mémoires de Vichy et comment ces dernières nous montrent un malaise pour le pouvoir et la société française ? Au cours des prochains articles, nous allons nous pencher sur ces questions à travers l’étude de l’immédiate après-guerre et le temps de l’oubli, puis l’éveil des consciences avant d’aborder la levée du voile mémoriel.

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